Texte de Pierre Souchaud
créateur et directeur de la revue ARTENSION
Happy Art Contemporain est une nouvelle « marque », absolument bienvenue, parce que justement, l’art dit « contemporain », par opposition, c’est vraiment pas la joie.
L’art « contemporain », au sens officiel du terme, c’est au contraire la terrifiante agrégation de toutes les négativités du monde. Un mélange de pathos, d’absurde, de morbide, de kitch, de pourriture, de cynisme, d’abjections, de provocations, de souffrances … bref, de toutes les saloperies du monde comme ingrédients d’un cocktail nauséabond pour un maximum de subversivité subventionnable et d’efficacité en termes de marketing culturel. Car la culture, telle qu’elle se présente aujourd’hui selon le modèle soviético - libéral en cours , c’est aussi triste et répulsif qu’une bulle spéculative ou que le cerveau formaté d’un fonctionnaire de l’art, conseiller à la DRAC, inspecteur de la création , commissaire de biennale ou commissaire - priseur à Drouot ou Christie’s.
Le prix des veaux dans le formol de Damien Hirst, c’est pas la joie ; le souper aux fœtus humains bouillis de tel artiste chinois international, c’est pas la joie ; les barreaux de prison de Claude Lévêque pour représenter la France à la Biennale de Venise 2009, c’est pas la joie ; les petites frappes perfusées d’argent public des officines d’art contemporain, c’est pas la joie ; la Catherine Millet, grande prêtresse de l’art français depuis trente ans, qui vante sa performance artistique de s’être faite sodomiser par 15 ouvriers sans papiers dans une cabane de chantier , c’est pas la joie ; des sans -papiers invités pour une performance à la Biennale de Lyon 2009, c’est toujours pas la joie… c’est à vomir son propre cerveau.
Et c’est bien pour cela qu’il faut revenir à la fonction première et permanente de l’art : celle du plaisir partagé, de la rédemption, de la guérison, de l’apaisement, celle de la vraie mise en forme constructive et positive , celle du dépassement et de la transcendance.
Mais il existe heureusement pour cela, cette « face cachée de l’art contemporain », comme l’a appelée Laurent Danchin, positive, joyeuse et lumineuse, que bien entendu les fonctionnaires de l’art détestent et que les spéculateurs méprisent. C’est l’art des outsider, des bruts, des singuliers, des spontanés, des autodidactes, des populaires, des ruraux, des cœurs purs , des sauvages, des fous de liberté… dont les œuvres sont autant de talismans et de porte-bonheur pour la société entière.
Alors oui , le terme global et rassembleur « happy art contemporain » est pour eux parfaitement approprié.
Pierre Souchaud
(Directeur du magazine Artension)